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[Sauron] Une dent de pourrie

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Noir Ennemi du Monde
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MessageSujet: [Sauron] Une dent de pourrie Lun 13 Nov - 1:46




Dans la salle du trône, les spectres et les serviteurs qui rôdaient, alors que minuit sonnait, pataugeaient dans un clair de lune de sang. La lumière d’Ithil, brillante et apaisante, n’était plus qu’une lueur lointaine que la malice de la tour sombre avait réclamée. Sur le plancher noirci et taché des derniers résidus de vie ayant pu pénétrer dans Tol-in-Gaurhoth, des éclaircies laissaient parfois entrevoir une brillance mâte et morne, comme le cœur sanguinolent d’un Elfe que l’on tiendrait dans le creux de sa main à la lumière d’une torche. Les grandes colonnes qui se dressaient de part et d’autre de la pièce cachaient le jeu de spectres qui épiaient les allées et venues des servants du seigneur de l’île, fourbes et dépourvus de conscience. Quand l’un de ces sbires s’égarait sur le chemin de son poste de travail vers la salle du trône, des ombres le dévoraient, faisant de lui une âme que le Grand Sorcier de Morgoth utiliserait pour alimenter quelque mutinerie qu’il préparait. À Tol-in-Gaurhoth, les morts avaient une utilité et tous le savaient.

Un premier hurlement fut suffisant afin d’en déclencher quelques centaines d’autres. Les bêtes impatientes de sentir la vie gigoter sous le poids de leurs pattes, ne répondaient qu’au goût du sang. Ainsi, quand l’une d’elle criait sa soif au grand jour, toutes répondaient en chœur afin de signifier à leurs dompteurs leur puissante urge de chasser. Parfois, quand on essayait de réprimander leur méconduite bestiale, il arrivait d’entendre le son de corps que l’on retenait contre des grilles afin de le démembrer.

Si beaucoup voyait en les loups garous des bêtes sanguinaires dépourvues d’intelligence, au même titre que les Orques, beaucoup d’autres, plus malchanceux, avaient appris qu’ils n’en étaient rien. Viles et sournoises, ces créatures dont l’âme corrompue avait choisi d’habiter le véhicule de prédateurs voraces étaient bien souvent en parfaite connaissance de leurs moyens. Elles comprenaient ce que l’on disait à leur sujet et maudissaient chacun de leur dompteur qui leur refusait de la chair fraîche. Dans leurs cachots sombres, elles médisaient jour et nuit et échangeaient sur la manière d’attaquer, puis de déchiqueter une proie. En côtoyant le plus macabre des généraux de Morgoth, ces bêtes mauvaises avaient appris les rudiments du mal. Aussi, celui qui vivait suffisamment longtemps pour comprendre leurs grognements arrivait à comprendre que dans ces derniers se cachaient l’élaboration de maléfices aussi destructeurs que la pire des pestes.

Le plus cruel d’entre les loups-garous avait été nommé Draugluin par les Elfes ayant aperçu sa silhouette sombre, puis rentrés grièvement blessés chez eux pour raconter le récit de la mort qui n’avait pas réclamé leur âme. D’un noir bleuté comme le fer froid était son pelage que nulle flèche ne pouvait transpercer et blanc comme la neige était son regard jusqu’à ce qu’il se gorge de sang. Terrible calamité du Beleriand du Nord, il avait, par le passé, ravagé des bataillons entiers et mis à mort des légions complètes. Plus les rumeurs et les histoires d’une bête maléfique ayant l’apparence d’un loup s’étaient répandues, plus l’infamie du grand fléau de Tol-in-Gaurhoth avait séduit le seigneur de l’île, qui fit de Draugluin son bras-droit. Ainsi, quand rien n’allait plus et que l’envie de tuer se faisait sentir trop forte, Sauron libérait sa bête qui lui ramenait des âmes torturées et assouvies.

Draugluin, s’il en avait eu le pouvoir, aurait dévoré le Maître des Morts qui le nourrissait à la main de chair fraîche tous les jours. La bête ne possédait ni foi ni loi et ne répondait à l’autorité de Sauron que par nécessité. Intelligente et pourvue de conscience, elle avait appris de son maître, manipulateur par excellence. Aussi, ses tentatives de rébellion avaient été violemment étouffées par des visions d’horreur qui ne portaient pas de nom et qu’elle n’oublierait jamais.

Cette nuit-là, le grand loup était venu exprimer… une certaine insatisfaction. En effet, l’apparition d’un nouveau serviteur l’avait rendu furieux, même si Draugluin sut dissimuler sa colère sous un voile de loyauté. Quand un dragon venu de nulle part avait déployé ses ailes, Draugluin avait baissé la tête, courbé l’échine, puis regagné ses quartiers sans un mot. Toutefois, le germe de la jalousie avait été semé et le jeu de la manipulation avait été entamé.

Devant son maître à l’autel, le loup-garou vomit quelques paroles que seul son seigneur aurait comprises.

- Il me semble, mon maître, que le ‘’style’’ de votre nouveau serviteur est un handicap pour nos troupes.

Les crocs saillants, il articula à travers sa dentition pourrie :

- Les Elfes et les Hommes de Brethil verront venir le dragon à des lieues de distance. Les bêtes ne pourront pas voyager subtilement sous le couvert de la nuit…

Détournant son regard vers un autre coin de la pièce en prenant soin d’éviter celui du maître, mortel, il déblatéra d’un souffle pestilentiel :

- … il ne tiendrait pas une minute contre nos bêtes les plus faibles.
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MessageSujet: Re: [Sauron] Une dent de pourrie Ven 22 Déc - 16:05

Aussi immobile qu’une statue se trouvait-il assis dans la Salle du Trône sombre et terrifiante, remplie qu’elle était d’âmes damnées et de créatures aux crocs dégoulinants encore du sang frais de leurs victimes. A peine respirait-il. Ses lèvres…il les maintenait closes, mais ses yeux étaient grand ouverts et épiaient tout ce qu’il se passait devant lui. De la mastication d’un Loup-Garou derrière une colonne au glissement d’un spectre à quelques pas de lui, en passant par les lamentations des uns et les feulements des autres, Sauron voyait et entendait tout, jusqu’aux rumeurs lointaines qu’il pouvait percevoir au sujet de sa nouvelle recrue, le Dragon Urgak. Il n’avait certes rien de ses imposants semblables qu’il avait pu rencontrer à Angband avant d’arriver ici et de faire de cette île, SON île. Mais un Dragon reste une créature qu’il convient d’avoir à ses côtés, quitte à la flatter outre mesure si cela devait s’avérer nécessaire. Quoique lors de son arrivée, ce fut plutôt lui qui fût flatté par le dragon, et non l’inverse. Néanmoins, il avait déjà croisé Urgak par le passé et avait pu constater que ce Dragon compensait sa petite taille par la terreur qu’il insufflait à ses régiments.

Cependant, il avait vite compris que son bras-droit, Draugluin, n’allait pas l’entendre de cette oreille. Et son pressentiment se vérifia lorsqu’il entendit les paroles du loup-garou, venu se plaindre et répandre sa colère et sa jalousie devant le Premier Lieutenant de Morgoth. Il baissa les yeux vers l’animal au poil rêche et à la gueule exhalant une haleine aux relents de pourriture et l’écouta. Bien qu’il soit le seul, en cet instant, à comprendre ce que lui disait son bras-droit, les autres loup-garous étant trop occupés à déchiqueter leurs proies, il leva le bras gauche de son accoudoir et fit un geste du doigt en direction des portes de la Salle du Trône. Dans un grincement sonore, celles-ci s’ouvrirent et tous s’immobilisèrent avant de tourner leur regard vers leur Maître et Seigneur. Ce dernier prononça d’une voix à peine audible mais qui suffit pourtant à les mettre tous en mouvement vers les portes béantes :

Dehors…tous…

Lorsque le dernier loup passa la porte, de ce même geste il les referma et se retrouva seul avec son bras-droit. Il lui répondit dans cette même langue gutturale et sombre que ce dernier avait employée :

Sous-estimerais-tu réellement les capacités d’un Dragon que j’ai personnellement connu aux côtés de mon Maître et ne sont-ce là que des paroles empreintes d’une jalousie et d’un mécontentement qui n’ont pas lieu d’être dans mes rangs, Draugluin ?

Il darda sur lui un regard foudroyant au fond duquel brillait une dangereuse lumière :

Tu es un bon Serviteur, Draugluin, et je te rétribue bien en te permettant d’assouvir ta soif à ta guise et en te confiant, malgré tes premières heures d’insubordination, un rang important à mes côtés… Mais regarde…nous sommes seuls. Parle librement et je verrais bien si tes arguments sont réellement fondés ou s’ils ne relèvent que de la crainte de se voir peut-être remplacé…

Un léger sourire déforma ses lèvres puis il joint ses mains devant lui et accorda son attention à la ténébreuse créature.

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